Équateur – Étape 1: Quito

Pourquoi l’équateur ? Je pourrais vous ecrire quelques strophes bien senties sur la magie des îles Galápagos, les mythiques volcans andins, ou les beignets de bananes plantain. Mais si j’ai choisi l’équateur comme première destination, c’est d’abord parce que le pays a été l’un des premiers à réouvrir ses frontières aux touristes. Néanmoins, après une étude approfondie du Lonely Planet, ce petit pays s’avère être une pépite: de la montagne et des randonnées en pagaille, dont certaines à plus de 4000m, de la jungle amazonienne, et un chapelet d’îles perdu au milieu du pacifique que l’empreinte de l’homme a laissé relativement intacte. Je vais donc me régaler.

Première étape obligée: Quito, la capitale, perchée dans un vallée andine à 2850m d’altitude. Après un voyage fastidieux qui aurait pu prendre fin à Madrid, j’ai posé mon « backpack » dans une sympathique auberge du centro historico qui offre comme principal attrait un roof top avec une vue splendide sur les collines de Quito. Pardon, je passe un peu vite sur l’épisode Madrid ?

Mauvais souvenir… Je me suis fait insulté pendant 10 minutes, en espagnol, par une furie d’hôtesse de l’air qui me refusait purement et simplement l’accès à bord. « You no flight ! ». Dans les cordes, sans la possibilité ni de comprendre pourquoi, ni de m’expliquer, je commence à envisager le retour à Orly en pensant très fort que décidément 2020 est une drôle d’année. Puis une collègue de la furie semble lui dire (mes rudiments d’italien me permettent de comprendre un peu l’espagnol, lorsqu’il n’est pas hurlé par une folle): « laisse le passer, il se demérdera avec la douane à Quito ». Intervention salutaire qui me permet de rentrer dans l’avion mais m’empêche de fermer l’œil pendant les 11 heures du vol, entre angoisse de me faire expulser dès l’arrivée et ébauche de solutions créatives (mon analyse des événements: je pense que le problème est lié à mon absence de billet de retour). Ma tension intérieure semble être perçue par ma charmante voisine, qui en réaction produit régulièrement d’odorantes flatulences. Bref, vous imaginez mon soulagement lorsque la douanière me dit dans un large sourire : « benvenidos en ecuador ! ». Ce qui nous (r)amène au roof top du Secret Garden (ma bien nommée auberge), et à cette belle ville de Quito.

Le roof top du Secret Garden

Le premier jour (Vendredi), départ aux aurores pour arpenter la ville, à pied. Mes déambulations me mènent d’abord au centro historico, la vielle ville, façonnée par les colons espagnols. Jolie. La ville moderne présente moins de charme mais c’est propre, et de grands espaces verts séparent la « plaine » en deux. Les collines sont plus intéressantes. Surtout pour les points de vue qu’elles offrent (moyennant des ascensions éprouvantes: ça grimpe sec et à 3000m d’altitude, c’est physique) sur la ville et le paysage andin qui l’entoure. Une longue journée d’errance m’a permis quelques observations: il y a très peu de « gringos » (j’ai du en croiser une poignée tout au plus !), il y est dangereux d’être un piéton (pas ou peu de bonshommes rouges / verts, et une conception minimaliste des passages piétons), et enfin on trouve des vendeurs ambulants aux marchandises saugrenues (mes préférées: portes manteaux en métal, paniers à linges en osier, et feutres stabylos…). De retour à l’auberge, dont le toit terrasse est assailli de locaux qui prennent des selfies, je constate à nouveau la très maigre affluence touristique. Mais je tombe tout de même sur un couple de sympathiques…français. Camille et Vincent ont eux aussi remis à octobre un tour de l’Amérique latine prévu en Mars. Ils se dirigent vers la côte et les spots de Kite surf, et envisagent un tour aux Galápagos dans la foulée. Nous convenons d’échanger dans les jours prochains sur nos expériences équatoriennes respectives, puis ils me donnent des tuyaux sur mon attraction du lendemain: l’ascension du volcan Pinchincha, qui domine Quito.

Le centro historico de Quito

Samedi matin, je grimpe dans un taxi qui me mène au « Teleferico », des télécabines qui montent au point de départ de la randonnée, à 4005m d’altitude. Nous sommes le week-end, et l’attraction est prise d’assaut par les équatoriens aisées en quête d’aventure. Je patiente donc une bonne heure, le temps de constater la discipline militaire des locaux quant à la pandémie: chaque prétendant aux cabines se tient dans la file, droit sur un point blanc peint au sol, distant d’environ 1,80 mètre du prétendant précédent. Mieux, chaque cabine accueille exclusivement les membres d’un même groupe ! C’est donc en voiture privatisée que je parviens au sommet, surplombant une forêt d’arbres endémiques dont j’ai (encore) oublié le nom (note pour plus tard: prendre des notes sur la faune et la flore). Commence alors une marche, sans grande difficulté mais que l’altitude rend tout de même éprouvante. Je me contraint à un rythme lent afin d’éviter le fameux mal de montagnes, sorte d’étau qui pressurise le crâne et donne la nausée. Le paysage est très beau: Quito en contrebas dans mon dos, qui paraît s’étendre à l’infini, des petites vallées escarpées d’un vert jauni sur les flancs, et en ligne de mire l’imposant sommet, noir et pointu. Le temps est dégagé, même si les nuages accrochent les sommets alentours. A une petite intersection, je décide de prendre à gauche, sans prendre garde au panneau. La marche prend alors un tour différent, je me retrouve à franchir des parois abruptes, en mode escalade. Après une dizaine de minutes, je me demande où sont passé les gens, et je les aperçois finalement quelques minutes plus tard, à 40m en contrebas d’un paroi très à pic, sagement restés sur le sentier. Je réalise que je ne peux plus progresser, pris par un début de vertige, et décide de faire un salutaire demi tour, le cœur battant fort à cause de l’adrénaline et de l’altitude. Sur le chemin du retour, en levant le front, je repères une cordée d’alpiniste à la conquête du sommet, nouvelle preuve que je n’étais pas à ma place. Je retrouve enfin le chemin des humbles et poursuit ma route sans encombres jusqu’au sommet, à 4700m d’altitude. La vue est partiellement bouchée par les nuages, mais permet tout de même un panorama exceptionnel sur les Andes, et les nombreux volcans qui environnent la capitale. La descente s’effectue sans encombre, ce qui me permet d’admirer sereinement la vue. A l’arrivée en bas du teleferico, je suis repris par le mal des montagnes, qui passera cependant assez vite après une petite sieste à l’auberge. Mon premier passage à Quito s’achève sur la terrasse, à rédiger ces lignes en profitant du panorama. Ma prochaine étape: le parce national Cotopaxi !

Nuages au sommet du Pichincha
Vue sur Quito

Grosses bises et à très vite !

Julien

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