Équateur – Étape 3: Boucle de Quilotoa

Quilotoa est un petit village situé à une centaine de km au sud ouest de Quito. Niché à 3900m d’altitude, il est fameux pour sa situation exceptionnelle : posé sur la corniche d’un volcan dont le cratère abrite une superbe lagune. Afin de profiter de la région, qui est magnifique, il existe un itinéraire de randonnée, la « boucle de Quilotoa » qui permet d’élargir l’expérience. J’opte donc pour un trek de trois jours, qui me mènera de Sigchos à Quilotoa en passant par les hameaux d’Isinlivi et Chugchilan.

Petite carte que j’ai piqué à de brillants blogueurs…En revanche j’ai fait le parcours dans l’autre sens, pour finir en beauté.

Mercredi matin, Latacunga. Je salue respectueusement la mamie philosophe de l’hôtel central avant de filer à la gare routière et de grimper dans un bus pour Sigchos. 2h30 de lacets, descendant dans une vallée escarpée avant de remonter sur un étroit et verdoyant plateau, puis recommençant la manœuvre à l’infini. Le paysage est superbe, soleil et nuages faisant leur œuvre pour donner à voir toute une palette de verts. Le bus me laisse à Sigchos, sur un haut plateau à 2900m d’altitude. La petite ville bourdonne d’activité, je la traverse, interrompu par quelques « holà gringo ! ». Le masque ne suffit pas pour me fondre dans la masse, et mon gros sac à dos de randonneur n’aide pas non plus à passer incognito…La randonnée est paisible, je descends dans un canyon pour remonter sur l’autre versant, à travers la campagne andine : cultures à flanc de coteaux, vaches léthargiques, et petites dames en tenue traditionnelle. Il manque peut être un peu le soleil (qui semble disparaître tous les jours en fin de matinée), mais la marche est rassérénante et les sourires des quelques locaux croisés sur le sentier illuminent le parcours.

Descente de Sigchos
Dans la vallée andine.

Après seulement 2h30 de marche, j’arrive au hameaux d’Isinlivi, où, dans une rue centrale déserte, j’ai le bonheur de trouver une auberge ouverte. Je profite de la quiétude ambiante (je suis le seul client, et le hameau est minuscule) pour m’octroyer une après midi de repos. Au coin du feu, un livre à la main, je regarde la brume prendre possession du paysage, avant d’être chassée par l’obscurité.

Le parking de l’Hostal Taita Cristobal

Jeudi matin, après un desayuno copieux, je m’engage sur le sentier, direction Chingchilan. Je quitte le village en zigzagant entre les petites exploitations agricoles, puis, aux abords d’un petit pont, je croise Pablo, petit homme d’1m50 au grand chapeau et au regard rieur. Il habite un plus haut, nous cheminons donc un moment ensemble, le temps pour lui d’énumérer tous les noms d’animaux qu’il connaît en français. Je glane un peu de vocabulaire espagnol au passage. Arrivés dans sa propriété, nous bavardons encore quelques minutes puis Pablo reprend son travail, et je reprends ma route. Il fait bon arpenter la campagne andine. De nouveau sur un plateau après une courte ascension, le paysage s’élargit. Je découvre une large vallée au milieu de laquelle coule une petite rivière. La vue est somptueuse.

Du côté de chez Pablo
Le hameau d’Isinlivi, à droite

La suite consiste, comme souvent, à descendre, traverser la rivière, et remonter sur le versant opposé. Sur le trajet, je fais deux rencontres intéressantes. D’abord avec un taureau récalcitrant, qui me refuse l’accès au sentier, protégeant ainsi ses dames en contrebas. Cette situation me rappelle un épisode dans les Pyrénées il y a quelques années, et une épique attaque de vaches qui m’avait laissé sanguinolent et plein d’effroi. Oui, depuis, j’ai peur des vaches. Quand d’autres ont la phobie des loups, des requins, ou des araignées, moi, j’ai peur des vaches. Donc je ne fais pas le malin, et reste à bonne distance de mon adversaire, en attendant qu’il daigne aller brouter ailleurs. Après cinq bonnes minutes, je comprend qu’il me faut changer de stratégie. Prenant mon courage à deux mains (si si…), je m’approche furtivement de la bête et le dépasse avec une discrétion féline, frôlant sont imposant et odorant derrière. Je suis déjà loin lorsque le taureau relève la tête. Julien 1 – Vaches 0.

Remis de cette aventure campagnarde, j’atteins la vallée, traverse un charmant pont brinquebalant, et attaque l’autre versant. Dans la montée, au détour d’un virage, je croise Julie et Aurélien, qui eux arrivent de Chugchilan. Ce sont les premiers touristes que je croise depuis Quito ! Et encore des français :). Je dois avouer que ça fait du bien de converser un peu avec d’autres voyageurs, et dans une langue que je maîtrise en plus…Je discute un bon moment avec ce sympathique couple de lillois, qui reprennent en équateur une traversée de l’Amérique latine commencée en Janvier et interrompue par la crise sanitaire. Nous convenons de nous échanger nos futurs bons tuyaux, et peut être même de se retrouver le lendemain soir, à Latacunga. Pour l’heure, chacun repars vers sa destination. J’arrive peu après à Chugchilan, juste à temps pour le déjeuner à l’hôtel Cloud Forest, ma résidence pour la nuit.

La campagne andine
Petit pont de bois
Julie et Aurélien
Sur le plateau de Chugchilan

Je suis semble-t-il encore le seul client, cependant mes hôtes sont très sympathiques et les nombreux enfants qui jouent dans la cour donnent une atmosphère très vivante à l’endroit. Mais alors que je travaille sur ces lignes, je perçois au milieu des rires des filles de la patronne des mots de français. Je me dis alors que mon esprit me joue des tours, et qu’il est un peu tôt pour avoir le mal du pays. Mais lorsque je rejoins la salle à manger pour le dîner, je trouve une famille attablée, et bien réelle, qui parle notre langue ! Nous sommes décidément partout… Et je passe ainsi une excellente soirée avec Karine, Christophe, et leurs deux enfants Leo et Elsa. Voyageurs dans l’âme, ils ont décidé sur un coup de tête de passer les vacances de la Toussaint en famille, à 12000km de chez eux, à Salon de Provence. Ils me donnent aussi beaucoup d’inspiration quant à la suite de mon voyage, ayant fait un road trip de 4 mois en Amérique du Sud il y a quelques années. Je me couche heureux de ces beaux paysages et de ces chouettes rencontres.

Christophe, Léo, et Megadracaufeu

Le lendemain matin, nous poursuivons la conversation avec Christophe (Karine et les enfants dorment encore) devant un petit déjeuner royal. Christophe part pour deux jours faire l’ascension du cotopaxi ! Mon but de la journée est moins ambitieux mais je me mets en route avec envie et impatience vers la lagune de Quilotoa. Et sous un magnifique soleil. Je presse le pas pour arriver au cratère avant que les nuages ne le recouvrent entièrement. Superbe marche le long d’un profond canyon, tout en montée.

Le long du canyon
Lupins en fleur (je crois)
Panorama

L’ascension finale est éprouvante: je suis un peu fatigué (j’ai marché vite) et j’ai vraiment hâte de découvrir la lagune. Le vent est très fort aux abords du cratère. Je lutte sur les derniers mètres, devinant le graal derrière le petit col ensablé. Puis enfin j’aperçois le bleu turquoise de la lagune, et je ressens une vive émotion devant tant de beauté. Je vous laisserai découvrir les photos, mes mots ne pouvant rendre justice à la magie du lieu. Les ombres que projettent les nuages sur le lac lui donne une air encore plus fantastique.

La Lagune de Quilotoa
Là aussi
Et encore là, presque dans son intégralité
Ça y est, on la tient
Alors que revoilà la lagune

La marche se poursuit le long du cratère jusqu’au hameau de Quilotoa, qui est réellement posé sur le bord du cratère avec une vue plongeante sur la lagune. Je descends déjeuner sur les rives du lac. La vue en bas est tout aussi spectaculaire, l’occasion d’une petite sieste contemplative.

Encore une plage envahie par les touristes…
Pas mal comme spot pour la pause dej
Impressionnisme

Je n’ai pas vraiment envie de quitter cet endroit si particulier, mais la perspective de futures découvertes m’aide à remonter au hameau. Je prends un bus qui me ramène à Latacunga, où j’avais commencé la boucle il y a maintenant 3 jours. Sur les conseils de Julie et Aurélien, je prends une chambre à l’Hotel Rosita, où je suis accueilli par Marco, un personnage haut en couleurs. Et j’ai le plaisir de voir arriver, dans la chambre voisine, mes acolytes lillois que j’avais laissé entre Isinlivi et Chugchilan. La boucle de Quilotoa se termine ainsi en beauté avec une excellente soirée passée en compagnie de Julie et Aurélien, dans un chouette restaurant argentin de Latacunga.

Je suis enchanté de ce petit trek de trois jours à la découverte de la campagne andine. L’arrivée sur le cratère du Quilotoa restera j’en suis sur l’une des « highlights » de mon aventure. Et je suis heureux d’avoir trouver des comparses sur le sentier, autochtones et voyageurs, pour partager ces chouettes moments ! A présent, direction Riobamba et le Chimborazo 🙂

Grosses bises,

Julien

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