Équateur – Étape 4 : Riobamba

Samedi matin, je me presse aux aurores vers la gare routière de Latacunga pour prendre un bus pour Riobamba, lieu de passage obligé pour le Chimborazo. Ce volcan est le point culminant du pays, à 6363m d’altitude. C’est aussi le point le plus éloigné du monde du centre de la terre ! Cette info, je la tiens de Janeth, la sympathique mère de famille rencontrée au cotopaxi, qui avait dû mettre une bonne dizaine de minutes pour me la faire comprendre, à grand renfort de gestes énergiques de la main, dont nous latins avons le secret. En tous cas, le volcan m’est chaudement recommandé.

J’embarque donc dans un bus, qui prend la « panamerica » (une autoroute qui traverse toute l’Amérique latine de haut en bas) direction sud. J’arrive à Riobamba, ville moyenne dans tous les sens du terme: moyennement grande (150000 habitants), moyennement belle (quelques restes d’architecture coloniale), et moyennement animée (un peu d’activité sur l’artère principale).

Riobamba: bien, mais pas top

Qu’importe, la bourgade est juste un camp de base pour explorer le Chimborazo. Je me mets d’abord en quête d’un hôtel. Mais comme à Latacunga, la ville est un peu sinistrée par la pandémie, et toutes les bonnes adresses du « Lonely » ont portes clauses…Je me rabats sur un sombre hôtel du centre ville, où l’on me donne une chambre sans charme, sans fenêtre, et sans le sourire. Un peu refroidi par l’accueil, je jette mes affaires et pars faire le tour des agences pour m’organiser une petite marche sur les pentes du volcan suivie d’une descente en VTT au milieu des troupeaux de vigognes qui squattent l’endroit, une expérience vivement conseillée par Camille et Cedric qui ont fait le voyage il y’a quelques années ! Mais je fais une nouvelle fois chou blanc…Les agences sont fermées pour cause de covid…Je parviens toutefois à en avoir une au téléphone, qui promet de me rappeler avec des solutions, mais n’en fera rien. Un peu déçu, je me mets en quête d’un distributeur car mes réserves de cash s’amenuisent dangereusement (et que les terminaux à carte ne semblent pas avoir franchi les frontières du pays…). La loi des séries est une réalité : je me vois refuser toutes mes demandes de retrait. L’augmentation de mon plafond, pourtant demandée il y’a quelques jours et supposément instantanée n’est pas entrée en vigueur. Et j’ai 35$ en poche. C’est très peu. Après avoir tenté en vain de joindre ma banque, et envoyé des messages d’urgence sur tous les canaux, je me dis que la journée est décidément mal embarquée…

Il faut casser la dynamique, et on réfléchit mieux le ventre plein, c’est connu : je décide d’aller m’offrir un « almuerzo » complet au « el delirio », un restaurant côté du coin et dont le nom me semble tout à fait à propos en ce jour. Excellente idée. Mon déjeuner est gargantuesque et délicieux. Je n’ai maintenant plus que 20$ dans mon portefeuille mais les idées claires. Puisque j’ai toute la flexibilité du monde, je n’ai qu’à quitter cette ville qui ne me réussi pas, et j’aurai le loisir de dévaler les pentes du Chimborazo dans les prochaines semaines.

El Delirio, mon repas salvateur

Libéré par cette décision, je retourne dans ma très modeste chambrette et cherche sur les internets un établissement ouvert à Baños, histoire d’éviter le désagrément de sonner dans le vide le lendemain. Je trouve une superbe auberge avec vue sur des collines verdoyantes. Le cœur léger, je sors dîner puisque les plaisirs gustatifs sont les seuls que la ville semble vouloir m’offrir. Je jette mon dévolu sur une pizzeria dont le nom résonne fortement pour un amoureux du foot et de l’Italie : « Pizzeria D’Baggios ». Ce nom évoquera pour certains d’entre vous un penalty envoyé sur la barre transversale de Barthez un soir de Juillet 98. Et il semble me porter chance puisque par miracle, sur le chemin du restaurant, un distributeur m’accorde la joie de me donner une petite liasse de billets verts. C’est avec allégresse que je prends place dans le petit restaurant, dont les murs et les tables sont remplies de cartes postales de Milan, Rome, ou Pise, et de fanions de la Juve, l’Inter, ou du grand Milan AC. Je m’enorgueillis à interpeller le patron en Italien, mais il n’en parle pas un mot, c’est juste un grand fan de « Calcio ». Je déguste une Pizza « Maldini » (toutes les pizzas sont nommées selon de grands joueurs et entraîneurs transalpins…) devant un match du championnat équatorien (en comparaison, notre Ligue 1 a des allures de premier league…). Je me régale, laisse un généreux pourboire (mes poches sont à nouveaux pleines !), et rentre avec un immense sourire vers mon trou à rat. Quelle journée ! Commencée sous les pires auspices mais qui s’achève avec un intense sentiment de gratitude ! Quelle chance j’ai d’être ici !

La Pizzeria D’Baggios, et les chèvres du championnat équatorien
Le Menu « Panini collector »
Chercher l’erreur…(sic)

Je vous embrasse,

Julien

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