Équateur – Étape 17 bis: Cuyabeno, suite et fin

Mercredi matin, Laguna Grande. Nous nous levons aux aurores pour profiter de notre dernière matinée dans cette jungle mystique. Jacob nous attend dans une légère brume, son éternel sourire espiègle aux lèvres. La balade en canot n’a pas d’autre but qu’elle même, aujourd’hui. Il s’agit de s’imprégner une dernière fois de l’atmosphère féerique de ces lieux immémoriaux. Le doux bruit des pagaies qui caressent l’eau, doucement, l’impression nostalgique de revivre des moments passés, les yeux encore embrumés par le sommeil il me semble flotter dans un rêve. Nous errons sans but dans la lagune, bercés par le chant des oropendolas, des caciques et des attrape-mouches. Une bande de aras bleus se signale haut dans le ciel, par ces cris stridents si caractéristiques.

Monochrome de Greyman
Caciques et Oropendolas sur l’arbre à testicules
Attrape-mouches
OVNI (oiseau volant non identifié)

Il nous faut l’intervention d’un narcissique capucin pour nous tirer de notre onirique langueur. Alors que le reste de sa famille se contente de nous jeter un rapide regard avant de passer son chemin, lui s’attarde, gonflé d’orgueil par notre attention sans faille. Durant de longue minutes, il va nous faire une véritable démonstration de ses talents d’acrobate : il escalade un épais tronc, court le long d’une fine branche, et se laisse tomber pour ne se rattraper que beaucoup plus bas, après une chute vertigineuse. Il remonte sur son tronc, prend soin de vérifier que son auditoire est toujours captivé, et recommence la manœuvre. Encore et encore. Nous sommes à la fois subjugués, et hilares. D’autant qu’à quelques reprises, la chute ne semble pas du tout maîtrisée et le rattrapage chanceux…Un moment d’anthologie !

Cap’ ou pas cap’ ?

De retour au lodge, après un ultime desayuno et une séance photo avec l’équipe du Siona au complet, nous disons au revoir au lodge, et saluons ce cher Miguel, et la finalement sympathique Blanca.

Blanka, Mr Bison, Dhalsim, E. Honda, Chun-Li, Guile
Et Ryu ! (Ah-you-ken)

Nous nous consolons en pensant aux merveilles qui ne manqueront pas de nous surprendre sur le trajet du retour, avant l’inévitable retour à la civilisation. Et comme à son habitude, la jungle amazonienne tient toutes ses promesses. Aujourd’hui, c’est sous la forme d’un minuscule tamarin qui nous observe avec curiosité, d’un somptueux morpho qui pose, ailes déployées, pour la photo, ou encore d’un fier anhinga qui ne tremble pas à notre passage.

Cherchez le hibou-chat…
Papillon disco
Anhinga

Mais la palme revient à ce gros singe laineux qui se suspend par la queue à trente mètres du sol, avant de se figer dans une posture toute humaine, allongé sur une grosse branche.

Pratique, cette troisième jambe
Voilà qui va apporter de l’eau au moulin des huiles du CCS (le comité contre les singes)…
L’équipe réserve du Cuyabeno Aviron Club
Flagrant délit de dopage
Dernier virage…

Les oropendolas sont encore là pour nous accueillir au “puonte”, où nous attendent Rodrigo et son minivan pour nous ramener à Lago Agrio. Nous saluons chaleureusement Sergio, l’hercule Siona, notre fidèle pilote. Et alors que nous attendons devant le van, Jacob arrive avec une bonne nouvelle : il nous a trouvé une voiture pour nous conduire directement à Quito. Quelle aubaine ! Cela nous épargne une nuit à Lago Agrio, mais surtout nous aurons beaucoup plus de temps pour préparer notre réveillon de Noël ! Le champagne, acheté par mes prévoyants et adorables comparses, nous attend déjà d’ailleurs au frais à l’hôtel Selina.

Arrive le moment de se séparer de Jacob, notre érudit mais surtout très attachant guide. Son sourire, son enthousiasme, sa profonde gentillesse auront enchanté notre expérience amazonienne.

Jean Michel Doisneau dans ses œuvres, rendant hommage à Jacob du Cuyab’

Nous grimpons dans la voiture de Fausto, notre nouveau chauffeur. Le début du voyage est difficile. Malgré les tentatives d’Aurélien d’amorcer un dialogue urbain, Fausto reste tendu comme un crampe, et sa conduite sportive nous fait regretter notre copieux petit déjeuner. Plus emphatique que nous, Aurélien suggère une pause, comprenant que notre austère conducteur n’a pas lâché le volant depuis près de 10h. Et après un bon almuerzo, Fausto retrouve le sourire, ainsi qu’une conduite plus souple. L’atmosphère se détend et Julie, Aurélien et moi bavardons gaiement, apprenant encore d’avantage à nous connaître. Le paysage, comme à l’aller, est prodigieux. Comme cette vue imprenable sur le volcan Cayambe et son double sommet enneigé sous la lumière tombante du crépuscule.

Le voyage passe ainsi à toute vitesse, et nous arrivons à destination en début de soirée. Le Selina ne nous attendait que le lendemain, mais au vu de l’affluence actuelle nous trouvons sans mal deux chambres libres. La route nous a donné faim, et nous sommes fatigués. Nous convenons donc de jeter nos bagages et de se retrouver très vite pour aller dîner.

Et là survint un énième épisode de la série comique “Julien à l’hôtel”. Cette fois-ci, ce ne sont ni des coqs hystériques, ni des hôtes éméchés, ni des voisins colombiens, ni même des araignées tueuses qui me persécutent, mais une simple poignée de porte. Je suis enfermé dans ma chambre. Pendant une grosse demi-heure, je tente en vain de communiquer avec Julie et Aurélien, mais ils m’attendent dans le hall sans leurs téléphones. Aurélien finit par venir toquer à la porte, inquiet de mon conséquent retard, me sachant particulièrement ponctuel. Hilares, amusés par cette nouvelle mésaventure hôtelière, nous nous mettons en quête d’un restaurant. Le choix est maigre, et le manque de sommeil accumulé pendant ces quatre jours si intenses nous font opter pour un mauvais numéro. Mais qu’importe, nous passons tout de même un bon moment, se remémorant nos aventures inoubliables dans la jungle. Demain, nous célébrerons Noël ensemble, puis nos routes se sépareront, du moins momentanément. Julie et Aurélien prendront le chemin de la Colombie, et moi du Costa Rica!

Jeudi matin, Quito. C’est Noël ! C’est aussi l’ultime journée de notre aventure équatorienne commune avec Julie et Aurélien. Nous prenons un petit déjeuner tardif au Selina, après une grasse matinée nécessaire (les nuits magiques dans la jungle ont laissé des traces). J’ai bien dormi, avec toutefois la porte ouverte pour ne pas rester enfermé. Il faut croire que j’ai d’avantage peur des araignées bananes que des touristes américains. Reposés, et repus, nous suivons Aurélien pour une balade vers Guapulo, un très beau quartier à flanc de colline à l’est de Quito. Il se distingue par ses petites maisons coloniales, ses murs tagués de street art, et son charmant parc. Nous flânons agréablement dans les vertes allées vides, évoquant les semaines écoulées et les découvertes à venir.

Puis vient l’heure des préparatifs. Direction le Supermaxi, afin de faire le plein de vivres pour le réveillon du soir. De retour à l’hôtel, chacun vaque à l’élaboration de la suite de son périple, et nous nous retrouvons vers 19h pour cuisiner ensemble un menu improvisé mais alléchant : guacamole, rillettes de thon (ma spéciale), légumes marinées, fromage de brebis, saumon-épinard…

Joyeux Noël Felix !

une fois la table dressée, Aurélien fait sauter le bouchon et nous trinquons à cette merveilleuse rencontre et aux incroyables aventures que nous avons vécues ensemble.

Merci les copains !

Le champagne terminé, une belle bouteille de bordeaux pousse loin dans la soirée cette fête inattendue. Musique, rire, émotions…notre réveillon de Noël est à l’image de notre séjour ici et de tous ces moments partagés ensemble: plein de joie, de curiosité, de simplicité, d’authenticité, d’enthousiasme, de bienveillance. Je m’en souviendrai toute ma vie, de ce réveillon de Noël 2020 ! Je remercie du fond du cœur mes amis pour m’avoir permis de vivre l’expérience équatorienne avec la meilleure compagnie possible.

Je vous embrasse !

Julien

2 commentaires sur « Équateur – Étape 17 bis: Cuyabeno, suite et fin »

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