Mexique – Étape 9: Palenque

Lundi matin, Palenque. La pluie, les légers ronflements de ma colocataire, Silva, une jeune voyageuse française, mais surtout les hurlements des singes, ont perturbé ma nuit. Mais le soleil perce à travers les nuages et je suis impatient de découvrir la cité maya ! Je me plie donc à l’étrange et complexe protocole qui précède l’arrivée sur le site : « sanitary check », guichet pour payer le droit d’entrée du parc national, et enfin file d’attente pour acquérir le ticket pour les ruines. Le tout à trois endroits différents, séparés de plusieurs kilomètres…Mais le jeu en vaut la chandelle. Le site est immense ! Et les vestiges incroyablement bien conservés.

Ils devaient avoir des mollets d’acier, les Mayas…
Les châteaux de la Loire

Le long de grandes pelouses « à la Chambord » se dressent de somptueux temples qui appelle à l’ascension. Malheureusement, pandémie oblige, je dois me contenter de les observer de leur socle, mais la splendeur est tout de même au rendez-vous à ces altitudes plus modestes.

Même les toits en chaume ont été conservés
Jeu de balle
L’église est au milieu du village

L’emplacement sur lequel repose l’antique cité est largement dégagé, mais la forêt n’est pas loin, derrière les acropoles, où en contrebas de la colline qui accueille Les ruines. Les pics sont nombreux à tambouriner sur les superbes arbres qui parsèment le site.

Le culte à André Pierre Gignac ici, ça va loin…

Au détour d’un virage, loin des touristes occupés à soigner leurs selfies sur la première esplanade, l’acropole sud est une pure merveille. Le temple de la Cruz se dresse au centre, haut perché, épaulé sur ces flancs de deux autres temples, plus petits. L’étroitesse relative de la place amplifie la sensation de petitesse ressentie au pied de ces œuvres érigées par des génies antiques.

Ça se loue, sur AirBnb?
Et ça continue à apporter des offrandes

Je fais deux fois le tour du propriétaire, afin d’imprégner ces majestueuses images dans ma mémoire.

Les arbres sont aussi beaux que les temples !
Bon bah la prochaine fois on ira à Fontainebleau

Puis je gagne la sortie du site, et emprunte un court sentier parcouru de petits ruisseaux qui me ramène un peu plus bas sur la route.

Là, je fais la connaissance de Léna et Rico, couple de suisses-allemands, au Mexique depuis deux mois. Nous cheminons ensemble, et ils me proposent de les accompagner pour un tour dans la jungle conclu avec un autochtone rencontré avant la visite des ruines. Singes, cascades, découvertes de la flore…L’offre est alléchante, et les helvètes sympathiques, j’accepte donc avec plaisir de les suivre jusque au restaurant El Michol où nous retrouvons Luis, qui doit nous servir de guide. Mais comme souvent, il s’avère que la brochure est trompeuse. L’aventure se résume en fait à une vente de champignons hallucinogènes. Assis autour d’une table en plastique, nous écoutons un jeune mexicain nous vanter les mérites des champignons fraîchement cueillis dans le jungle. Nous écoutons poliment, avant de prendre congé. Quelle insolite moment !

Belle couverture

Luis, un peu gêné par sa publicité mensongère, nous guide tout de même jusqu’à l’entrée d’un sentier, à une centaine de mètres de là. Hilares, nous nous engageons sur le chemin. Dix minutes plus tard, nous parvenons à une charmante petite cascade cachée dans la forêt. Il règne une atmosphère douce et paisible. Immergé dans le petit bassin au pied de la cascade, j’écoute s’écouler l’eau et je contemple les arbres, caressé par quelques rayons de soleil se frayant un chemin à travers la canopée. Délicieux !

Après cette pause bucolique, nous reprenons la route vers l’entrée du parc, échangeons des tuyaux sur nos prochaines étapes respectives: Léna et Rico viennent d’arriver au Chiapas tandis que je m’éloignerai bientôt vers la péninsule du Yucatan, d’où ils arrivent. Je les laisse à la porte des Cabañas Kin Balam, et rejoins ma cabane. Silva est en grande discussion avec Justine, française également, notre nouvelle colocataire. Nous bavardons un moment sur la mini terrasse de notre mini maison. Sur le chemin des cuisines, je rencontre Rihanna, Lisa, et Alexis, un trio neerlando-germano-français qui voyage ensemble depuis une rencontre fortuite au Guatemala un mois auparavant. Nous dînons joyeusement tous les six, échangeant expériences et anecdotes en tout genre. Une belle soirée, tranquille et agréable, qui s’achève le nez sur mon livre, endormi lourdement malgré le vacarme nocturne de la jungle.

C’est l’amour

Mardi matin, Cabañas Kin Balam. Il fait gris, mais le pétillant Andres, derrière le pupitre où il vend des tours dans la région, m’assure que le soleil sera de retour à temps pour mon excursion aux cascades Roberto Barrios, dont le départ est prévue à midi. En attendant, je saute dans un collectivo pour faire un tour en ville. Palenque est une ville étonnante. Je m’attendais à une bourgade artificielle bardée de boutiques pour touristes, je découvre des rues débordantes de vie, où riverains concentrés et marchands précis font affaires. Belle énergie.

Je regagne l’auberge juste à temps pour prendre le mini van vers Roberto Barrios, sous les premiers rayons du soleil. Andres regarde le ciel et me fait un clin d’œil.

Les cascades Roberto Baggio

Il fait beau lorsque nous arrivons sur les lieux. Le site est superbe ! L’eau a cette teinte si particulière, mélange de vert et de turquoise. Elle s’écoule d’un bassin à un autre par des cascades de toutes tailles, laissant paraître à leur base une pierre brune et lisse.

Yellowstone

De nombreux sentiers serpentes entre ces piscines naturelles. Je les arpente l’un après l’autre, discutant au passage avec une famille de loquaces locaux, et un couple de marseillais se plaignant de l’envahissement par les parisiens de leur belle cité phocéenne. Puis je plonge me rafraîchir dans l’un des bassins magiques, avant de m’assoir, au soleil, sur les pierres polies par le passage de l’eau. Les chutes dans mon dos, le Chiapas face à moi, je passe un long moment à demi-immergé à contempler le fabuleux paysage.

Koh Lanta

Un sifflement de notre chauffeur met fin au bain de soleil, et nous retournons à Palenque. Je quitte les merveilleuses cascades de Roberto Barrios pour rejoindre les Cabañas Kin Balam.

Un dernier coup d’œil aux cascades

Là, je m’emploie à étudier des itinéraires possibles pour ma conquêtes de la péninsule du Yucatan. J’hésite entre remonter vers Cancun par le Campeche et la côte pacifique, où traverser la péninsule et remonter le Quintana Roo. J’opte finalement pour la seconde, et me rend à la réception pour demander quelques conseils. Apparement, aucun bus ne part dans cette direction…Ce qu’un sondage des internets semble confirmer…Andres me suggère cependant de me rendre à un petit terminal en ville, confiant que je trouverai mon bonheur la- bas. Mais je fais un aller-retour infructueux en taxi, le terminal étant fermé. Je décide alors de m’y rendre tôt demain matin, et d’évaluer alors mes options. Lorsque toutes les alternatives sont alléchantes, l’incertitude est presque douce !

J’aime le bruit blanc de l’eau

L’auberge est très calme ce soir. Je dîne à la cuisine en compagnie de Silva, et nous retrouvons Justine sur notre terrasse pour une conversation nocturne et philosophique. Nous accueillons ensuite Franco, le dernier occupant de la cabane. Franco est tchèque et voyage avec des amis qui remplissent la cabane d’à côté. Il ne parle pas anglais, mais possède quelques notions d’allemand et d’italien. S’en suit alors un drôle et très humain moment, où nous tentons de communiquer dans un inextricable brouhaha en cinq langues. Comme toujours, gestes et sourires se révèlent plus efficaces que nos laborieuses tentatives linguistiques…

Je prends soin de mettre le réveil tôt demain, afin de laisser grand ouvert le champs des possibles. Et je compte sur la nuit pour me porter conseil. C’est là, dans cette cabane de Palenque, que je passe ma dernière nuit dans cet étonnant Chiapas. Son unité, essence indigène, verdure, faune et rivières, sa diversité, du Canada à la moiteur de la jungle, et ses trésors mayas, m’ont véritablement enchanté !

Je vous embrasse !

Julien

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